Hédi Larbi présente des expériences internationales de sorties de crise

Date de publication: 
25 Février 2017
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Le Cercle Kheireddine creuse encore en profondeur le même sillon des voies de sorties de crise économiques pour la Tunisie. Après Mahmoud Ben Romdhane, en janvier dernier, c’est au tour de Hédi Larbi qui était en effet l’invité du Cercle Kheireddine samedi 25 février 2017 dans une plénière tenue à l’hôtel « La Maison Blanche » et animée par Ahmed Smaoui, ancien Ministre et membre dirigeant du Cercle.

M. Ahmed Smaoui a commencé par présenter Hédi Larbi rappelant qu’après son baccalauréat en 1970, il a fait partie du « groupe A », sélectionné par Mokhtar Latiri pour faire leurs études supérieures en France1. Hédi Larbi est admis à l'École des Mines de Paris.De retour en Tunisie en 1976, il est affecté à l'Office des ports nationaux tunisiens, puis rejoint un bureau d'études, la Société tunisienne d'études techniques et économiques (SOTUETEC). Dès 1993, il rejoint une filiale de la Banque mondiale à Washington, la Société financière internationale1. Il effectue en parallèle ses études à l'université Harvard et au Massachusetts Institute of Technology1, dont il est diplômé respectivement en 1999 et 20012. En 2000, il est conseiller du vice-président et directeur adjoint du département infrastructure de la région Afrique1. En 2007, il est promu directeur régional de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient (couvrant la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Irak et l'Iran), avant de devenir en 2012 le conseiller spécial du vice-président de la Banque mondiale de la région MENA, chargé du repositionnement stratégique de la banque dans les pays en transition de la région1.

Le 29 janvier 2014, il est nommé ministre de l'Équipement, de l'Aménagement du territoire et du Développement durable dans le gouvernement Jomaa jusqu’en février 2015.

Hédi Larbi, tout droit rentré de Harvard, a dressé un benchmark international, riche en enseignements que la Tunisie peut en tirer

En partant d’une analyse succincte de la notion de crise, Hédi Larbi a analysé différentes configurations et modalités de sortie de celle-ci. L’hypothèse fondamentale qu’il a défendu est que le problème se situe beaucoup moins au niveau du « quoi faire ? » qu’à celui du « comment faire ? ».

En effet, c’est surtout la capacité des institutions et des acteurs à gérer les conflits et à faire accepter les réformes qui font la différence.

Il n’existe point de recette magique à appliquer pour une sortie de crise. C’est ainsi que, Hédi Larbi, a entamé sa conférence qui a eu lieu devant une assistance nombreuse ( près de 120 personnes) et de qualité.  Tout en affirmant que chaque pays a ses propres spécificités et conjoncture, Hédi Larbi a considéré que des éléments de réponse peuvent concourir à résoudre la crise.

D’ailleurs, pour cette raison, il  s’est référé aux expériences de transition politique et économique de pays comme l’Uruguay, Singapour, la Slovénie et la Suède.

En passant en revue les différentes expériences de ces pays en matière de transition économique, Hédi Larbi semble vouloir nous dire «  voici ce que nous aurions dû faire dès le départ ».  

En citant l’exemple de la Slovénie, l’intervenant a passé en revue les réformes mises en chantier juste après sa révolution. Dans ce contexte, il a estimé que tous les intervenants de ce pays à l’époque ont  très vite compris que l’économie n’attend pas. Pour cette raison, une panoplie de réformes a été mise en place : institutionnalisation d’un organisme pour le dialogue social, réforme des caisses de la sécurité sociale ( pas de retraite anticipée, pas de pension généreuse et fixer l’âge de  départ à la retraite à 63 ans), réglementer les augmentations salariales. A cet égard, il a considéré que ces paramètres sont à l’origine de  la réussite de cette expérience et notamment  grâce au consensus entre les syndicats et le gouvernement.

Revenant sur le cas de Singapour, l’intervenant a considéré que son problème n’a rien à voir avec la démocratie. Cependant les dirigeants du pays ont vite compris qu’au-delà de leur  évolution technologique, ils font face à une grande concurrence provenant de Taiwan et d’autres pays, ce qui a nécessité  de recourir à plusieurs experts internationaux pour élaborer un plan pour booster l’économie et favoriser le transfert de technologie.

Nous publierons bientôt le texte de la conférence de Hédi Larbi.